
La santé durable est un concept essentiel pour comprendre les enjeux de santé à long terme.
Dans cet article, nous explorerons pourquoi il est crucial d’intégrer la santé dans une vision globale qui englobe à la fois l’individu et son environnement. Nous mettrons en lumière les liens entre santé individuelle, stress systémique, environnement et défis politiques actuels.
Qu’est-ce que la santé durable ?
Adopter une approche de santé durable, c’est reconnaître que la santé humaine, animale et environnementale sont interdépendantes. Elles sont également intrinsèquement liées aux facteurs sociaux et économiques.
Elle s’inscrit dans le cadre du développement durable et repose sur trois piliers essentiels :
- Une économie responsable : La santé ne peut être dissociée des conditions économiques et sociales dans lesquelles évoluent les individus. Un environnement économique équitable, où chacun a accès aux ressources nécessaires pour vivre en bonne santé, est fondamental.
- La protection de l’environnement et de la biodiversité : Les écosystèmes jouent un rôle clé dans notre santé. La pollution, la perte de biodiversité et le changement climatique ont des impacts directs sur la santé humaine et animale.
- Le bien-être physique, mental et social : Un état de bonne santé correspond à un équilibre global qui inclut non seulement l’absence de maladie, mais aussi la capacité à faire face au stress et à participer pleinement à la société.


En d’autres termes, la santé durable se distingue de l’approche actuelle en replaçant la question dans un cadre structurel, plutôt qu’en la réduisant à une responsabilité exclusivement individuelle.
Pourquoi la santé ne peut être dissociée du cadre structurel ?
L’approche actuelle, centrée sur la responsabilité individuelle, tend à privilégier des solutions personnalisées. Toutefois, ces solutions dépendent largement des ressources économiques et sociales disponibles, et tous les individus ne bénéficient pas des mêmes opportunités en matière de prévention et de soins.
Par exemple, une personne occupant un poste à responsabilités ou ayant un niveau d’éducation élevé aura plus facilement accès à des informations pertinentes sur les bonnes pratiques de santé. Elle sera également mieux positionnée pour adopter des comportements préventifs et payer des services de santé de qualité. De plus, elle pourra compter sur un environnement stable, tant au niveau social que matériel.
En revanche, une personne en situation de vulnérabilité aura moins accès à ces informations et services. Elle sera davantage exposée à des environnements insalubres et manquera de soutien pour adopter des comportements bénéfiques pour sa santé. Souvent, son entourage se trouve confronté aux mêmes difficultés, rendant le soutien mutuel limité en termes de ressources disponibles.
Cette personne à plus de risque de développer des pathologies chroniques, liées au mode de vie ou à une alimentation déséquilibrées. Elle vivra moins longtemps, en plus mauvaise santé et coûtera plus cher à la collectivité.
Cette situation est-elle exclusivement de sa responsabilité individuelle ? Non.
Cette inégalité d’accès aux soins et à la prévention reflètent des dynamiques socio-économiques qui pèsent lourdement sur certaines catégories de la population. Elle favorise l’apparition de pathologies chroniques chez les personnes les plus vulnérables.
Une telle situation n’est donc pas uniquement la conséquence de choix personnels, mais bien d’un système qui privilégie la croissance économique au détriment du bien-être général.
En continuant à ignorer les effets structurels sur la santé, nous risquons d’exacerber les inégalités et d’aggraver les problèmes de santé publique.
Le rapport d’Olivier De Schutter et l’économie du burnout
L’explosion mondiale des problèmes de santé mentale est d’ailleurs le signe inquiétant que nous arrivons aux limites de l’adaptation humaine à ce contexte structurel violent et anxiogène.
Le récent rapport d’Olivier De Schutter sur l’économie du burnout est un exemple d’approche globale et durable de la santé mentale.
Il nous rappelle que le stress n’est pas seulement un phénomène individuel, mais le résultat de conditions économiques et sociales qui affectent profondément la santé mentale. Le rapport permet de mettre en évidence les liens entre la précarité économique, les inégalités croissantes et l’accent mis sur la productivité, qui exacerbent les troubles mentaux tels que l’anxiété et la dépression.


Or, le stress est un facteur prédominant dans l’évolution des maladies chroniques non transmissibles.
La dépression, par exemple, prédispose à l’infarctus du myocarde et au diabète, lesquels font eux -mêmes augmenter la probabilité de dépression, et, partant, compliquent la recherche d’emploi pour les personnes atteintes, tout en les exposant à une détresse financière du fait du prix des traitements. Les personnes qui se trouvent en situation de pauvreté sont également plus susceptibles d’adopter des comportements à risque, notamment de développer des addictions, dans l’espoir de mieux gérer et de soulager leur stress. Ces comportements peuvent, à leur tour, entraîner des problèmes de santé physique qui réduisent la productivité au travail et l’espérance de vie1
On y apprend également que :
(…) si les soins de santé en général sont sous-financés, la situation est encore pire en ce qui concerne les soins préventifs : en 2021, seuls 3 % du total des dépenses de santé dans les pays à revenu élevé et 13 % dans les pays à faible revenu étaient consacrés à la prévention.2
Le rapport d’Olivier De Schutter préconise préconise de passer d’une approche biomédicale, centrée sur l’individu, à une approche systémique (« biopsychosociale »), qui traite les déterminants sociaux de la santé mentale.
Vers une réforme de la politique de santé en Belgique
Alors que la Belgique se trouve en pleine formation de son gouvernement fédéral (octobre 2024), une question cruciale se pose : comment réformer le système de santé pour éviter d’aggraver une situation déjà pathogène ?
25% de la population vit avec une maladie chronique ce qui représente 70% des dépenses de santé publique3.
En effet, une politique qui refuse d’envisager le développement durable comme une option viable risque de conduire à une situation sanitaire bien pire que celle que nous connaissons aujourd’hui.
Les réformes nécessaires doivent intégrer les réalités d’une santé durable.
Cela implique de prendre en compte les effets de la pollution et des pressions sociales sur la santé mentale et physique, ainsi qu’un engagement en faveur d’un développement économique plus équitable et écologique.
L’engagement de Ta Nature ASBL
Face à ces défis, Ta Nature agit à son échelle pour réduire l’impact de ces crises sur les populations les plus vulnérables. L’ASBL s’efforce, à l’échelle locale, d’apporter des solutions en renforçant l’autonomie des individus et en les sensibilisant à l’importance d’une approche durable de la santé.
Par ses activités, elle s’engage à améliorer la littératie en santé et à renforcer l’autonomie des individus laissés de côté par le système actuel.
En s’inspirant de la nature et en promouvant un retour à des pratiques plus respectueuses de l’environnement, nous créons un cercle vertueux bienveillant et solidaire.
Cela passe notamment par des formations en santé préventive, des ateliers d’herboristerie, ou encore des cercles de paroles autours de certaines pathologies chroniques.
La santé durable est bien plus qu’un simple concept. Elle représente une vision d’avenir où la santé humaine, animale et environnementale sont prises en compte de manière holistique.
En plaidant pour une approche de la santé qui tienne compte de ces réalités, nous contribuons à la construction d’un futur plus juste et plus sain, où la nature joue un rôle central dans le bien-être de tous.






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